Chez l’humain, les émotions se lisent sur le visage à travers des expressions faciales et parfois des changements de couleur – rouge de colère, blanc de peur ou vert lorsqu’il est malade. Chez les céphalopodes, pas de sourire ou de froncement des sourcils, toutes les émotions se traduisent par un code couleur qui peut changer en une fraction de seconde.
Auparavant, ce changement de couleur chez les céphalopodes était le plus souvent considéré comme un outil d’adaptation à leur environnement : c’est ce qu’on appelle le camouflage. Il leur sert à se dissimuler pour chasser ou pour échapper à un prédateur.
Mais de nouvelles études ont démontré que ces alternances de couleurs peuvent aussi traduire une émotion ou être un moyen de communiquer avec leurs congénères.
Comment changent-ils de couleur ?
C’est grâce aux millions de chromatophores présents sur leur peau. Les chromatophores sont des cellules qui contiennent des pigments – jaune, orange, rouge, marron ou noir – et qui s’ouvrent ou se referment sur commande du cerveau.
Pour quelles raisons changent-ils de couleur ?
- Pour s’accoupler :
Par exemple, chez les seiches, le mâle s’habille d’un motif zébré noir et blanc lorsqu’il veut séduire.
Chez le calmar de Humboldt (Dosidicus gigas), le mâle passe toutes les 4 secondes du rouge pâle au rouge sombre et inversement.
- Pour intimider ou faire peur :
Lorsque le camouflage du poulpe est démasqué, celui-ci assombrit son corps et ses yeux pour effrayer son prédateur.
La seiche, elle, peut créer des taches en formes d’yeux sur sa peau.
- Pour exprimer une émotion :
Un poulpe aux couleurs sombres peut aussi vouloir signaler à ses congères qu’il n’est pas d’humeur et qu’il vaut mieux le laisser tranquille.
En parlant de céphalopodes, un poulpe a élu domicile à La Cité de la Mer !
Parfois, il se cache dans les rochers. Alors, pour avoir plus de chance de le voir, l’équipe du service aquariologie te conseille de venir le matin, vers 10 h pendant son repas ou en début d’après-midi. Il est souvent de sortie à ces moments-là et, s’il a un jouet, il peut rester plus longtemps à la vue des visiteurs !
L’aspect coloré s’accompagne souvent d’une gestuelle. Les seiches et les poulpes, par exemple, ondulent leurs bras ou tentacules de différentes manières selon leur humeur.
Parce qu’elles ont encore beaucoup de secrets à livrer, les scientifiques continuent d’observer ces fascinantes espèces qui nous en font voir de toutes les couleurs.
© Sources : Variations colorées chez les céphalopodes selon l’environnement physique et social : un point de vue cognitif, étude de Pascal Carlier et Marie Renoue │ Signal Use by Octopuses in Agonistic Interactions, étude de David SCHEEL, Peter GODFREY-SMITH et Matthew LAWRENCE │ Pourquoi les pieuvres changent-elles de forme et de couleur ?, National Geographic
© Crédit photo d’en-tête : NOAA/Monterey Bay Aquarium Research Institute