Fin février 2026, La Cité de la Mer a accueilli de nouveaux pensionnaires dans ses aquariums : quatre magnifiques murènes ruban Rhinomuraena quaesita, que vous pouvez dès à présent venir découvrir dans le parcours de visite L’OCÉAN DU FUTUR.

À cette occasion, Olivier BRIARD, le responsable aquariologie, a répondu à quelques questions sur cette fascinante espèce marine et sur la façon dont elles sont prises en charge à leur arrivée à La Cité de la Mer.

Pouvez-vous nous parler de cette nouvelle espèce présentée à La Cité de la Mer ?

C’est une espèce originaire de l’Indopacifique* très largement répandue. Cette murène possède un corps étroit et aplati latéralement, d’où son nom murène ruban.

Elle peut atteindre 1,3 mètre de long. Sa tête étroite possède deux narines surmontées d’appendices nasaux* qui lui permettent de décupler son sens de l’olfaction*. Elle possède également trois petits barbillons mentonniers* qui servent à la détection de proies dans le récif. Elle ne possède pas de nageoires pelviennes* et pectorales*, mais une seule nageoire qui fait office de nageoire dorsale*, anale* et caudale*. Comme toutes les murènes, elle n’a pas d’écailles mais une peau lisse.

Sa morphologie* fait de cet animal une espèce avec une nage gracieuse, un peu comme un ruban de gymnastique rythmique qui évoluerait lentement.

Murène ruban. © La Cité de la Mer – Julie HENRY POUTREL
Murène ruban. © La Cité de la Mer - Julie HENRY POUTREL

La murène ruban vit dans les anfractuosités* du récif, à l’abri des prédateurs. Elle se déplace plutôt la nuit pour chasser et se nourrir des poissons ou crustacés qu’elle débusque* et attrape grâce à ses petites dents acérées*.

Comme la plupart des poissons, elle est hermaphrodite* – plus précisément hermaphrodite protandre* : elle passe par une phase mâle avant de devenir femelle jusqu’à la fin de sa vie.

La particularité de cette espèce réside dans ses différentes colorations qu’elle arbore au cours de son développement. Sa nageoire reste jaune tandis que son corps est noir au stade juvénile*, ensuite bleu quand elle est mâle, puis jaune vif lorsqu’elle est femelle.

Est-elle en danger ? Si oui, quels éléments ou phénomènes menacent cette espèce ?

La murène ruban ne fait pas l’objet de suivis scientifiques et n’a pas de menaces particulières, à part les menaces liées au réchauffement des océans et des activités humaines en général.

Comment accueille-t-on des murènes ruban à La Cité de la Mer ?

Avant d’accueillir les murènes ruban, un bassin a été équipé d’un dispositif spécial empêchant les murènes, véritables reines de l’évasion, de s’échapper. Au préalable, nous contrôlons bien sûr la température, la qualité d’eau et la lumière.

Ensuite, nous avons préparé des cachettes à l’aide de tubes PVC et de pierres afin que les murènes puissent se cacher comme dans leur milieu naturel. Cette préparation technique permet de réduire le stress des animaux à son niveau le plus bas, car le stress est souvent un facteur déclenchant de troubles physiologiques pouvant développer des pathologies.

Les spécimens* que nous avons accueillis se sont rapidement acclimatés et nous avons pu observer plusieurs individus dans une même cachette, laissant présager une cohabitation* future plus facile.

Les murènes ruban de La Cité de la Mer

Quelles sont les étapes avant la mise en bassin ?

Avant la mise en bassin, les animaux sont observés dans leur bassin de quarantaine et nous leur proposons quotidiennement de la nourriture jusqu’à ce qu’ils se nourrissent régulièrement. Ces temps d’observations sont aussi l’occasion d’examiner d’éventuelles blessures qui seront alors soignées si nécessaire. Une fois cette étape franchie, nous envisageons alors le transfert dans l’aquarium d’exposition.

Glossaire

  • (Dents) Acérées : pointues, tranchantes.
  • Anfractuosités : des trous profonds et irréguliers dans la roche.
  • Appendices nasaux : partie du « nez ».
  • Barbillons (mentonniers, sensoriels) : organe près de la bouche présent chez beaucoup d’animaux, comme les poules, certains oiseaux et poissons.
  • Cohabitation : vivre ensemble.
  • Débusquer : faire sortir une proie de sa cachette.
  • Hermaphrodite : qui possède à la fois des organes mâles et femelles.
  • Hermaphrodite protandre : qui est d’abord mâle puis devient femelle.
  • Indopacifique : en géographie, région qui regroupe une partie de l’océan Indien et de l’océan Pacifique.
  • Juvénile : jeune.
  • Morphologie : forme du corps.
  • Nageoire anale : située entre les nageoires pelviennes et la nageoire caudale, elle aide l’animal à se stabiliser.
  • Nageoire caudale : la « queue » de l’animal – située à l’arrière du corps de l’animal, elle lui sert à avancer, comme un moteur.
  • Nageoire dorsale : aussi appelée aileron, elle se situe sur le dos de l’animal et l’aide à se stabiliser et à avancer.
  • Nageoires pectorales : situées de chaque côté du corps de l’animal, une à gauche et une à droite, elles lui servent à s’orienter et à freiner.
  • Olfaction : fonction du nez qui permet de sentir les odeurs.
  • Spécimen : un individu utilisé comme référence pour l’observation ou la description de l’espèce.

© Crédit photos : La Cité de la Mer – Julie HENRY POUTREL.

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