Lancé en septembre 2023, le chantier de construction de la Tara Polar Station a nécessité un grand nombre et un très haut niveau de savoir-faire industriels et maritimes. Mais comment un projet environnemental de cette envergure a pu voir le jour ?
Fondation Tara OcéanLa construction de Tara Polar Station a représenté un défi exceptionnel, à la fois technique et humain. […] Ingénieurs, techniciens et ouvriers spécialisés ont travaillé ensemble pour relever un défi industriel rare. […] Du dessin initial aux dernières soudures, ces métiers mêlent expertise technique, coordination humaine et passion pour le monde maritime.
La Tara Polar Station, c’est quoi ?
La Tara Polar Station, de la Fondation Tara Océan, est un observatoire et un laboratoire flottant créé pour explorer l’écosystème du pôle Nord. Cette station a été conçue pour résister au climat extrême de l’Arctique.
De la conception à la construction
Avril 2023 : après 5 ans de travail et de recherche pour la conception de ce projet de station flottante, la construction de la Tara Polar Station commence enfin. Le chantier est confié aux Constructions Mécaniques de Normandie – CMN de Cherbourg.
Quelques mois plus tard, en septembre, la première pièce est posée : il s’agit de la pièce centrale de la future station flottante, la « moon-pool ».
En janvier 2024, les équipes de chantier relèvent avec brio un grand défi technique : l’assemblage de la coque de 2 centimètres d’épaisseur de la station. Au total, plus de 6 000 pièces sont nécessaires pour la conception complète de la coque.
Un chantier naval hors norme et innovant
Qu’ils ou elles soient soudeurs, ingénieurs, architectes navals ou logisticiens, nombre d’hommes et de femmes relèvent chaque jour des défis techniques et usent de leurs expertises pour mener à bien des chantiers d’exception. Et le chantier de la Tara Polar Station n’échappe pas à cette définition ! Plus qu’un simple navire, cette station dérivante était destinée à évoluer dans un environnement polaire extrême.
Les plans de conception, réalisés par le Bureau d’Études Mauric et l’architecte Olivier PETIT, ont répondu à cette contrainte. Grâce à sa forme spécifique, la station est capable « de résister à la pression de la glace et de dériver de manière contrôlée avec la banquise ». Sa coque en aluminium de 2 centimètres d’épaisseur peut supporter les chocs et « les contraintes mécaniques liées aux environnements glacés ».
Fondation Tara OcéanChaque élément du navire est étudié pour garantir une résistance optimale aux températures extrêmement basses et aux conditions de navigation difficiles en Arctique.
Olivier PETIT, architecte naval sur le chantier de la Tara Polar StationDans la construction, ce qui m’a le plus marqué, c’est quand la géode était terminée, encore nue, sans perçages. Elle ressemblait à une sorte de kaléidoscope. On était dans une immense nef à Cherbourg, un lieu magnifique, presque comme une cathédrale. Ils l’ont soulevée doucement pour la poser sur le pont, et elle s’est mise à tourner légèrement. La lumière du soleil entrait à l’horizontale, et toutes les facettes se sont mises à scintiller. C’était un moment magique : le bateau commençait à vivre.
Arnaud BISSIÈRE, soudeur sur le chantier de la Tara Polar StationPour moi, c’est vraiment un métier passion. La soudure, c’est quelque chose qui me plaît énormément. Sur ce chantier, on est parti quasiment d’une feuille blanche. […] Ce qui est motivant, c’est de travailler sur quelque chose qui n’a jamais été fait auparavant. Nous avons l’habitude de construire de grands bateaux militaires, mais ici, rien qu’en voyant les plans, on comprend que c’est un projet vraiment différent et intéressant.
Crédit photo d’en-tête : © PG-CMN – Fondation Ocean