Vue aérienne des Sables d’Olonne © Florian PÉPELLIN
Vue aérienne des Sabes d'Olonne © Florian PÉPELLIN

Marion MORICEAU est originaire des Sables-d’Olonnes. Fille d’une famille de marins-pêcheurs, elle se passionne rapidement pour la pêche, l’apnée, le surf… Elle passe son permis bateau dès 16 ans, avant de quitter le littoral atlantique en direction de la capitale.  

À Paris, elle se lance dans des études de communication, en alternance à la Société Nationale de Chemins de Fer – SNCF. Elle obtient un Master en ingénierie des médias. Chargée de la communication interne de la SCNF, elle se rend vite compte que ce milieu professionnel ne lui correspond pas.

C’est sur le port des Sables d’Olonne qu’elle découvre, par hasard, le métier de scaphandrier. Elle observe les professionnels et leur équipement, à l’œuvre sur une écluse. Fascinée, elle discute et échange avec eux. La révélation est immédiate : elle deviendra scaphandrière.

Des premiers pas dans la Marine nationale

Pour accéder au métier de plongeuse-scaphandrière, Marion MORICEAU décide de commencer sa formation par la Marine nationale et de devenir d’abord plongeuse-démineuse. La jeune femme de 23 ans s’engage en 2007 et intègre l’école de maintenance navale en milieu subaquatique à Conflans-Sainte-Honorine.

© Mélanie Denniel / Marine Nationale / Défense
Le Forbin accompagne le porte-avions Charles de Gaule ©Mélanie Denniel / Marine Nationale / Défense

Après 2 années de formation, elle peut enfin embarquer. À bord de la frégate de défense anti-aérienne et anti sous-marine Le Forbin, elle rejoint des zones de conflits : l’Afghanistan d’abord, puis la Somalie et enfin la Libye.

Sur place, elle participe à des opérations militaires de grande envergure : escorte du porte-avions Charles de Gaulle, lutte contre la piraterie, protection les populations locales.

Ces expériences enrichissantes sont toutefois éprouvantes et en 2013, Clémence MORICEAU choisit de rejoindre la vie civile.

Scaphandrière éco-responsable

 En 2013, elle suit une formation de plongeuse scaphandrière au sein de l’International Marine Contractors Association – IMCA. Son diplôme en poche, il ne lui faut que quelques mois pour obtenir au sein l’Institut National de Plongée Professionnelle – INPP de Marseille la certification Classe II mention A. À 27 ans, elle est la 3e femme à accéder à cette qualification qui lui permet de réaliser des travaux industriels subaquatiques jusqu’à 50 mètres de profondeur.

 Les chantiers sous-marins auxquels elle participe nécessite une grande polyvalence. Elle soude, coupe, coule du béton, passe des câbles, le tout jusqu’à 50 mètres de profondeur avec un équipement de plusieurs dizaines de kilos.

Les risques sont nombreux sous l’eau. Aux courants et à la houle s’ajoutent les risques « classiques » du « Bâtiments travaux public » – BTP : chute, coupe ; et ceux de la plongée sous-marine comme la narcose*.

© Les jardins sous-marins
© Les jardins sous-marins

Marion MORICEAU attache une importance particulière à l’impact des chantiers sous-marins sur l’environnement et ne s’engage que sur des chantiers éco-responsables.

Pour préserver au maximum les écosystèmes au milieu desquels elle travaille, de nombreuses mesures de protection sont mises en place. 

Les espèces de faune et flore marines sont déplacées, des bâches et rideaux sont installés pour éviter les fuites de produits chimiques etc.

Son engagement ne s’arrête pas aux chantiers auxquels elle participe. Avec Clémence VIAN, économiste et skipper, Marion MORICEAU fonde en 2025 « Les jardins sous-marins ». Cette association collecte et transforme des matériaux de construction recyclés afin de construire des récifs artificiels.

Ces structures sous-marines permettent de régénérer des écosystèmes fragilisés. Elles servent de refuges pour la faune, purifient l’air et l’eau grâce à l’installation d’algues filtrantes, absorbent du carbone… Les récifs artificiels sont également des supports de recherche pour les scientifiques et médiateurs pédagogiques.

Les pouvoirs des algues

Marion MORICEAU découvre les bienfaits des algues grâce à son arrière-grand-mère. Cette dernière lui transmet ses connaissances et recettes, des remèdes formulés à base de goémon et de varech.

Au fil de ses plongées, Marion MORICEAU collecte des algues et étudie leurs propriétés : cicatrisation, protection solaire, cosmétique… 

© Mon miracle
© Mon miracle

Pour mettre à profit ces connaissance, elle s’associe en 2021 à un laboratoire de cosmétologie, expert dans les formulations spécifiques marines.

La scaphandrière fonde ainsi « Mon Miracle », sa marque de cosmétiques durables développés à base d’algues et de minéraux marins.

Glossaire

Narcose : surnommée « L’ivresse des profondeurs » , la narcose est une altération de la perception provoquée par la pression et les mélanges gazeux inhalés par le plongeur pour respirer sous l’eau. Ce phénomène peut se déclencher à partir de 30 mètres de profondeur et avoir des conséquences dramatiques pour les plongeurs.

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Profil de l'auteur
Rozenn POUPON

Documentaliste à la Médiathèque de La Cité de la Mer

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