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« Destins transatlantiques : Cherbourg, Le Havre »

Exposition du 11 juillet au 23 août 2026.

Informations et billets

Le Normandie, prestigieux paquebot de la Compagnie Générale Transatlantique, est lancé en 1932. Il assure la liaison entre Le Havre et New York et fait la fierté de la France sur l’océan Atlantique.

Ce géant des mers n’est pas destiné à passer par Cherbourg, mais le 14 décembre 1936, ses emblématiques cheminées apparaissent dans la rade…

Un évènement important pour notre port s’est produit hier

 

Cherbourg-Eclair, 15 décembre 1936
Le paquebot Normandie au Havre © Ville de Paris / BHVP
Le paquebot Normandie © Ville de Paris / BHVP

Le Normandie à Cherbourg : un heureux concours de circonstances

Le lundi 14 décembre 1936, en fin de matinée, le port de Cherbourg apprend que le plus grand et plus beau navire du monde, le Normandie fera une escale exceptionnelle dans la rade.

Le paquebot en provenance de New York vient de débarquer à Southampton les passagers à destination de l’Angleterre.

À son bord, 385 passagers dont 130 de 1re classe, 13 de 2e et 105 en 3e doivent encore débarquer dans la soirée au Havre. Le paquebot transporte également 235 colis-bagages et 1 213 sacs de dépêches.

Le Normandie © La Cité de la Mer – Collection J.PIVAIN
Le Normandie © La Cité de la Mer - Collection J.PIVAIN

Mais une tempête fait rage dans la mer de la Manche et rend difficiles voire dangereux les déplacements de navires par des remorqueurs dans le port du Havre. La Compagnie Générale Transatlantique décide donc dérouter le Normandie vers Cherbourg.

La rade du port normand offre un abri aux navires et garantit une navigation en toute sécurité. Au Havre, on se languit déjà du majestueux paquebot.

 

Nous ne verrons pas ce soir la majestueuse silhouette du Normandie illuminée au quai de la gare maritime… Il est infiniment regrettable pour nous de l’avoir vue, ne serait-ce qu’une fois, changer de garage.

Le journal du Havre, 14 décembre 1936
Le paquebot Normandie au Havre © Ville de Paris / BHVP
Le paquebot Normandie au Havre © Ville de Paris / BHVP

Une escale imprévue : un port qui s’organise

L’escale du Normandie est un évènement et le port de Cherbourg doit rapidement s’organiser.

Dans l’après-midi, Émile POSTEL, agent maritime représentant la Compagnie Générale Transatlantique à Cherbourg, reçoit la visite d’un directeur du Havre et des précisions sur l’escale du paquebot.

En raison du mauvais temps et du manque de préparatifs, et bien que le commandant THOREUX du Normandie connaisse parfaitement le port pour y avoir fait accoster le paquebot De Grasse en 1932, il est décidé que le Normandie restera en rade.

L’escale doit avoir lieu entre 17h00 et 19h00. Les 385 passagers doivent quant à eux quitter Cherbourg par 2 trains spéciaux à 20h47.

La répartition des voyageurs dans les compartiments est déjà effectuée car les trains sont ceux prévus initialement entre Le Havre et Paris.

Deux transbordeurs sont aussi mobilisés pour assurer le transport des 385 passagers entre le paquebot et le Quai de France.

À 16h00, Émile POSTEL entre en communication téléphonique avec le capitaine AUGARDE, second du paquebot, qui lui annonce qu’en raison du mauvais temps, le paquebot aura du retard et arrivera vers 19h30.

Émile POSTEL rassure le navigateur :

Normandie peut entrer en rade à toute heure, par tous les vents. Le pilote (M. Castel) attendra le navire au large.

Cherbourg-Eclair, le 16 décembre 1936

Un peu plus tard dans la soirée, on apprend que le Normandie passera la nuit dans la rade de Cherbourg.

Les passagers seront débarqués en deux temps : dans la soirée et le lendemain matin. Ceux, pressés de partir débarqueront à 21h30 et prendront le train de 23h00 pour Paris. Les autres voyageurs passeront la nuit à bord et débarqueront le mardi matin afin de prendre le train de 8h00.

Le paquebot Normandie au Havre © Ville de Paris / BHVP
Le paquebot Normandie au Havre © Ville de Paris / BHVP

L’arrivé en rade du splendide Normandie

À 19 heures, les transbordeurs Ingénieur Cachin et Ingénieur Reibell quittent la Gare Maritime Transatlantique. Tout est prêt pour l’arrivée du géant de la Compagnie Générale Transatlantique.  Enfin, à 20h30, le Normandie entre en rade.

Les manœuvres sont effectuées avec succès et à 23 heures, les deux transbordeurs sont de retour au Quai de France. 260 passagers débarquent, tandis que 125 autres choisissent de passer la nuit à bord du Normandie.

Une joyeuse agitation emplit la Gare Maritime Transatlantique, où les passagers attendant le train de 00h43. Après une traversée mouvementée, tous sont soulagés de retrouver la terre ferme et d’entrevoir la fin de leur périple.

Le Normandie © La Cité de la Mer – Collection E.BARD
Le Normandie © La Cité de la Mer - Collection E.BARD

Parmi ces passagers, quelques personnalités de marquent foulent les quais de la gare :

  • le général de division de Chambrun (1872-1962) ;
  • le Prince Eugène II de Ligne, ambassadeur de Belgique à Washington ;
  • Lesieur, directeur commercial de la compagnie aérienne Air France, créée en 1933 ;
  • Plusieurs participants à la course cycliste « des six jours » disputée au Madison Square Garden de New York du 29 novembre au 5 décembre 1936. Parmi eux : Alvaro GIORGETTI, arrivé 3e, Alfred LETOURNEUR et Marcel GUIMBRETIERE, arrivés 7e, et « Les diables rouges » Émile DIOT et Émile IGNAT, arrivés 10e.

Mardi 15 décembre 1936 : le Normandie quitte Cherbourg

 Dès 7h30 le 15 décembre, les 125 passagers qui ont passé la nuit à bord du Normandie rejoignent à leur tour le Quai de France à bord des transbordeurs. Ils sont accompagnés par une vingtaine de membres d’équipage.

Camille Théodore Quoniam, Président de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Cherbourg, se rend à bord du paquebot.

Puis, à 10h00, le Normandie quitte Cherbourg. Ses emblématiques cheminées ne reparaitront plus dans la rade. 4 heures plus tard, le paquebot accoste au quai Joannès-Couvert dans le port du Havre. Il y débarque du fret et 8 automobiles.

Par une jolie matinée de soleil, on vit la noble silhouette du navire, d’une forme si particulière et si majestueuse, se déplacer en grande rade et gagner rapidement la haute mer.

Cherbourg-Eclair, 16 décembre 1936
Le Normandie à New York © NYC Municipal Library and Archives
Le Normandie devant les bureaux de French Lines à New York © NYC Municipal Library and Archives
Le saviez-vous ?

L’escale du Normandie à Cherbourg n’est pas le seul lien entre le paquebot et le port normand. En 1932, le décorateur Marc SIMON aménage de nombreux espaces du Normandie, en collaboration avec de nombreux artistes et décorateurs : le fumoir en fer à cheval de la classe Touristes à l’arrière du pont promenade, le café-grill de 1re classe, l’appartement de grand Luxe « Trouville », la salle de jeux des enfants de la 1re classe, trente-deux cabines de 1re classe…

Mais à la même époque, l’Atelier Marc Simon est également chargé de la décoration de la Salle des Pas Perdus et du salon privatif de la Gare Maritime Transatlantique de Cherbourg. 

 

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Profil de l'auteur
Rozenn POUPON

Documentaliste à la Médiathèque de La Cité de la Mer

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