En juin 2025, dans le cadre du recensement océanique de la Fondation Nippon et de l’Institut Nekton, des scientifiques de l’Agence japonaise des sciences et technologies marines et terrestres – JAMSTEC ont découvert une mystérieuse créature : un ver polychète « château de verre ».

L’expédition

Pendant 20 jours, à bord du navire Yokosuka, des scientifiques du JAMSTEC ont exploré les fonds marins de la mer du Japon. Avec le submersible Shinkai 6500, capable de plonger jusqu’à 6 500 mètres de profondeur, ils ont sillonné les monts sous-marins de Shichiyo et la fosse de Nankai à la recherche de nouveaux écosystèmes.

Une dizaine de plongées ont été réalisées dans ces deux zones. La variété d’équipements biologique et les caméras haute résolution à bord du Yokosuka et du Shinkai 6500 permettent d’étudier de manière approfondie la couche superficielle des fonds marins profonds, la topographie des failles et la structure géologique des fosses océaniques.

Les plongeurs se remettent à l’eau après avoir arrimé le submersible habité de la JAMSTEC, le Shinkai 6500, à la grue qui doit le hisser à bord du RV Yokosuka, à l’issue d’une plongée effectuée dans le cadre de l’expédition Ocean Census 2025 / JAMSTEC Japan. Paul Satchell © The Nippon Foundation-Nekton Ocean Census, JAMSTEC
Les plongeurs se remettent à l'eau après avoir arrimé le submersible habité de la JAMSTEC, le Shinkai 6500, à la grue qui doit le hisser à bord du RV Yokosuka, à l'issue d'une plongée effectuée dans le cadre de l'expédition Ocean Census 2025 / JAMSTEC Japan. Paul Satchell © The Nippon Foundation-Nekton Ocean Census, JAMSTEC
Le submersible habité Shinkai 6500 de la JAMSTEC, photographié sur les fonds marins de la fosse de Nankai. Atteignant des profondeurs de plus de 4 500 m, cette fosse abrite un écosystème diversifié et complexe. © The Nippon Foundation-Nekton Ocean Census, JAMSTEC
Le submersible habité Shinkai 6500 de la JAMSTEC, photographié sur les fonds marins de la fosse de Nankai. Atteignant des profondeurs de plus de 4 500 m, cette fosse abrite un écosystème diversifié et complexe. © The Nippon Foundation-Nekton Ocean Census, JAMSTEC
Le submersible habité Shinkai 6500 de la JAMSTEC s’approche du sommet de l’un des monts sous-marins Shichiyo, qui s’élèvent du fond marin jusqu’à 1 000 mètres sous la surface. Ces montagnes sous-marines font remonter les nutriments vers la surface et constituent un habitat pour de nombreuses espèces. © The Nippon Foundation-Nekton Ocean Census, JAMSTEC
Le submersible habité Shinkai 6500 de la JAMSTEC s'approche du sommet de l'un des monts sous-marins Shichiyo, qui s'élèvent du fond marin jusqu'à 1 000 mètres sous la surface. Ces montagnes sous-marines font remonter les nutriments vers la surface et constituent un habitat pour de nombreuses espèces. © The Nippon Foundation-Nekton Ocean Census, JAMSTEC

Découverte et identification du spécimen

Le ver polychète, nommé Dalhousiella yabukii en l’honneur du chercheur principal de la mission le Dr. Akinori YABUKI, a été aperçu à 791 mètres de profondeur dans la zone des monts volcaniques sous-marins de Shichiyo, dans la mer du Japon.

La découverte a été faite par le Dr. Nato JIMI et publiée dans le journal zoologique de la Linnean Society.

Glass Castle Worm, Dalhousiella yabukii. © The Nippon Foundation-Nekton Ocean Census, Nato Jimi.
Glass Castle Worm, Dalhousiella yabukii. © The Nippon Foundation-Nekton Ocean Census, Nato Jimi.

La particularité de ce ver réside dans sa symbiose avec un spécimen d’éponge de verre. Aussi appelée « château de verre », l’éponge forme une « coquille » translucide et rigide, comme du verre, autour du ver. Ainsi, le ver se développe et vit à l’intérieur de l’éponge.

Cette « coquille » est constituée de silice cristalline. Il s’agit d’un minéral naturel présent dans la roche et dans des matériaux de construction comme le sable, le béton ou le granite. La silice est parfois utilisée par l’humain dans la fabrication du verre.

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